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Pollution domestique et alternatives

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Un micropolluant, c’est quoi ?

visuel micropolluants ceseau

Un micropolluant est un polluant présent à faible concentration dans l'environnement, l’équivalent d’un morceau de sucre dans une piscine olympique !

Il s'agit de substances synthétiques ou naturelles qui contaminent l’air et l’eau. Ils se retrouvent dans les milieux naturels tels que les rivières, les lacs, les nappes souterraines, d’où provient une grande partie de notre eau potable.

La plupart des micropolluants est caractérisée par des effets toxicologiques importants même s'ils sont à des concentrations très faibles. Ces substances sont persistantes (faible biodégradabilité) et responsables de bioaccumulation (concentration dans l’organisme tout au long de la chaine alimentaire).

Or, ces polluants sont présents dans beaucoup de produits que nous utilisons au quotidien. Il est donc important de les connaître pour pouvoir en limiter l’impact et assurer une meilleure qualité de l’eau, en termes environnemental et sanitaire.

Comment ces micropolluants se retrouvent dans le milieu naturel ?

Les micropolluants d'origine domestique sont contenus dans les produits que nous utilisons au quotidien, tels que les produits d'entretien, les produits cosmétiques, les produits pharmaceutiques ou encore les produits du jardinage ou bricolage.

reseau eau

Ils se retrouvent dans les canalisations lorsqu’on nettoie, on prend notre douche ou on tire la chasse, pour rejoindre ainsi le réseau de traitement des eaux usées. Ils sont conduits à une station d'épuration (STEP). Or si les microorganismes de la STEP sont très efficaces pour dégrader les polluants d'origine naturelle, ils peinent à s'attaquer aux substances synthétiques : beaucoup se retrouvent ainsi dans le milieu naturel (rivières, lacs, eaux souterraines), d'où provient notre eau potable.

Quant aux substances qui parviennent directement sur le sol lors des travaux de bricolage ou jardinage, elles peuvent contaminer directement les cours d'eau ou les nappes dès qu’il pleut.

Le micropolluant va ensuite passer de l'environnement aux espèces vivantes... et à l'homme.

D’où viennent les micropolluants ?

Les micropolluants présents dans les eaux (ou l’air) ont plusieurs origines :

S’agissant des rejets industriels, des efforts importants ont porté sur la gestion des effluents industriels, notamment les métaux lourds et les solvants halogénés. Les exploitations agricoles sont également responsables de la présence de ces micropolluants par l’utilisation de PCB et pesticides qui par ruissellement, se retrouvent présents dans les milieux aquatiques naturels.

* Les Composés Organiques Volatils (COV) les plus fréquents dans l’air sont l’acétaldéhyde, le benzène, le dichlorométhane, le formaldéhyde, le perchloroéthylène, le toluène, le xylène. Ils proviennent des hydrocarbures ou des solvants par exemple, et se retrouvent ensuite dans l’eau. Les COVs sont apparemment plus nombreux et plus concentrés dans l’air intérieur que dans l’air extérieur. La plupart sont classés comme cancérigènes.

** Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) se forment lors de la combustion, surtout dans des conditions incomplètes. Benzo(a)pyrène, benzo(b)fluoranthène, benzo(k)fluoranthène, fluoranthène… A l’origine de ces HAP : les chaudières, les moteurs diesel, les feux, la sidérurgie… Ils sont classés eux-aussi comme cancérigènes.

*** Les alkylphénolssont utilisés massivement dans les détergents, comme additifs de carburant et lubrifiants, comme polymères. Ils servent également pour concevoir des parfums, antioxydants, matériaux retardateurs de flamme, pneus, adhésifs, revêtements.

Quelles sont les familles de micropolluants ?

Il existe plusieurs familles de micropolluants :

Quels sont les principaux micropolluants ?

MOLECULE TYPE DE PRODUITS EXEMPLE DE PRODUITS EFFET SUR LA SANTE EFFET SUR L'ENVI-RONNEMENT
Acide chlorhydrique PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents, produits pour les canalisations, produits WC Irritant pour les voies respira-toires, les yeux et les muqueuse, corrosif, brûlures Toxique pour les organismes aquatiques
Acide formique PRODUIT D'ENTRETIEN Produits pour les canalisations Irritant, corrosif Toxique pour les organismes aquatiques
Acide oxalique PRODUIT D'ENTRETIEN Produits pour les canalisations, produits WC Irritant, corrosif Toxique pour les organismes aquatiques
Acide phosphorique PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents, produits pour les canalisations Irritant pour les voies respira-toires, les yeux et les muqueuse, corrosif, brûlures Toxique pour les organismes aquatiques
Acide sulfamique PRODUIT D'ENTRETIEN Produits pour les canalisations Irritant, corrosif Toxique pour les organismes aquatiques
Acide sulfurique PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents, produits pour les canalisations Irritant pour les voies respira-toires, les yeux et les muqueuse, corrosif, brûlures Toxique pour les organismes aquatiques
Alkyl Ethoxylates et dérivés PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents, lingettes… Irritant Toxique pour les organismes aquatiques
Alpha-Isomethyl Ionone Parfums et conservateurs Allergisant
Ammonium Lauryl Sulfate (Laurylsulfate d'ammonium) PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents Irritant
Amyl Cinnamal Parfums et conservateurs Allergisant
Amylcinnamyl Alcohol Parfums et conservateurs Allergisant
Anise Alcohol Parfums et conservateurs Allergisant
Benzisothiazolinone PRODUIT D'ENTRETIEN Lessives, désodorisants, détergents, produits vaisselle, peintures, vernis… Irritant, allergisant Toxique pour les organismes aquatiques
Benzophenone-1, 3, 4 COSMETIQUES Gels douches, sham-poings, savons, déodo-rants, filtres UV, vernis à ongles… Pertubateur endocrinien
BenzylAlcohol Parfums et conservateurs Allergisant
Benzyl Benzoate Parfums et conservateurs Allergisant
BenzylCinnamate Parfums et conservateurs Allergisant
Benzyl Salicylate Parfums et conservateurs Allergisant
Butoxyéthanol (EGBE) PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents, savons liquides, dégraissants, protecteurs de cuir, produits de beauté, peintures... Irritant, cancérigène possible pour l'homme Toxique pour les orga-nismes aquatiques
Butylparaben, Potassium ou Sodium Butylparaben/ COSMETIQUES Shampoings, laits corpo-rels, crème pour le visage, crèmes solaires Pertubateur endocrinien
Butylphenyl Parfums et conservateurs Allergisant
Chloroforme PRODUIT D'ENTRETIEN Désodorisants Cancérigène
Chlorure de benzalkonium PRODUIT D'ENTRETIEN Lingettes, désinfectants, détergents, produits WC, cosmetiques… Allergisant Favorise l'apparition de micro-organismes résistants
Cinnamal Parfums et conservateurs Allergisant
Cinnamyl Alcohol Parfums et conservateurs Allergisant
Citral Parfums et conservateurs Allergisant
Citronellol Parfums et conservateurs Allergisant
Coumarin Parfums et conservateurs Allergisant
Cyclohexene Carboxaldehyde Parfums et conservateurs Allergisant
Cyclopentasiloxane, Cyclotetrasiloxane COSMETIQUES Laits corporels, déodorants, crèmes pour le visage Pertubateur endocrinien
Dichlorbenzène PRODUIT D'ENTRETIEN Produits WC Irritant pour les yeux, la peau et les voies respiratoires,effets sur le foie, les reins, cancérigène possible Toxique pour les organismes aquatiques
Didécylméthylammonium chloride PRODUIT D'ENTRETIEN Lingettes WC, désodori-sants, détergents Irritant, corrosif Favorise l'apparition de micro-organismes résitants
Ethanolamine PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents Irritant pour la peau et les voies respiratoires, corrosif
Ethoxydiglycol (DEGEE) COSMETIQUES Parfums, détergents, teintures capillaires… Irritant, effet sur les reins
Éthylène Diamine Tétra-Acétique (EDTA) PRODUIT D'ENTRETIEN Lessives, détergents, désinfectants, lessives… Toxique à forte dose (fixateur de métaux lourds) Faible biodégradabilité, risque de persistance dans l'environnement
Ethylhexylmethocinnamate COSMETIQUES Shampoings, baumes, rouges à lèvres, crèmes solaires, filtres UV Pertubateur endocrinien
Ethylparaben COSMETIQUES Savons, parfums… Pertubateur endocrinien
Eugenol Parfums et conservateurs Allergisant
Evernia Furfuracea Extract Parfums et conservateurs Allergisant
Evernia Prunastri Extract Parfums et conservateurs Allergisant
Farnesol Parfums et conservateurs Allergisant
Formaldéhyde PRODUIT D'ENTRETIEN Désodorisant, vernis à ongles Cancérigène
Geraniol Parfums et conservateurs Allergisant
Hexyl Cinnamal Parfums et conservateurs Allergisant
Hydroxyanisolebutylé (BHA), hydroxytoluènebutylé (BHT) COSMETIQUES Rouges à lèvres, lotions et crèmes hydratantes… Pertubateur endocrinien
Hydroxycitronellal Parfums et conservateurs Allergisant
Hydroxyde de sodium PRODUIT D'ENTRETIEN Décapants four, produit pour les canalisations, détergents, lingettes, désodorisants, produits WC… Irritant, corrosif Menace potentielle pour la faune et la flore
Hydroxyisohexyl Parfums et conservateurs Allergisant
Hydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxal-dehyde (Lyral) COSMETIQUES Parfums, crèmes, détergents… Allergisant
Hypochlorite de soude PRODUIT D'ENTRETIEN Eau de Javel, détergents, produits WC, lingettes… Irritant pour la peau et les voies respiratoires, corrosif, dégagement possible de gaz toxiques en cas de mélange Toxique en cas de rejet dans les eaux usées, Forme des organochlorés, composés toxiques, persistants et s’accumulant dans les chaînes alimentaires
Iodopropynylbutyl Carbamate COSMETIQUES Crèmes, shampoings, lingettes WC, désinfec-tants… Irritant, corrosif, allergisant Très toxique pour les organismes aquatiques
Isoeugenol Parfums et conservateurs Allergisant
Limonene Parfums et conservateurs Allergisant
Linalool Parfums et conservateurs Allergisant
Linearalkylbenzènesulfonate (alkylbenzène linéaire) PRODUIT D'ENTRETIEN Détergents… Irritant, allergisant Toxique pour les orga-nismes aquatiques
Metaperiodate de sodium PRODUIT D'ENTRETIEN Antibactériens, lingettes… Irritant, allergisant Toxique pour les orga-nismes aquatiques
Methyl 2-octynoate Parfums et conservateurs Allergisant
Méthylchloroisothiazolinone, Methylisothia-zolinone (MIT) COSMETIQUES Shampoings, gels douche, savons, laits corporels, crèmes, détergents, lingettes, liquides vaiselle… Allergisant Très toxique pour les organismes aquatiques, avec effets à long terme
Methylparaben COSMETIQUES Shampoings, gels douche, savons, laits corporels, crèmes… Pertubateur endocrinien
Methylpropional Parfums et conservateurs Allergisant
Monoéthanolamine PRODUIT D'ENTRETIEN Décapants pour les fours Irritant pour les voies respiratoires, les yeux et les muqueuse, corrosif, brûlures Toxique pour les organismes aquatiques
Paradichlorobenzène PRODUIT D'ENTRETIEN Produits pour les WC Irritant pour les yeux, la peau et les voies respiratoires, effets sur le foie, les reins, cancérigène possible Toxique pour les organismes aquatiques
Peroxyde d'hydrogène (Hydrogenperoxide) COSMETIQUES Antibactériens, soins de blanchiment dentaire et capillaire, solutions pour lentilles… Irritant, corrosif, dangereux en cas de mélange
Phenoxyethanol COSMETIQUES Lingettes bébés, lotions, crèmes, produits capillaires, maquillage, détergents… Irritant, allergisant Effets reprotoxiques à forte dose chez l'animal
Phosphates PRODUIT D'ENTRETIEN Produit lave-vaisselle Graves brûlures, séquelles digestives Se dégradent difficilement dans l’environnement et dans les milieux aquatiques
Phtalate de dibutyle PRODUIT D'ENTRETIEN Désodorisant Cancérigène
p-Phenylenediamine COSMETIQUES Teintures pour cheveux, colorants pour textile Allergisant
Propylparaben, Potassium ou Sodium Propylparaben COSMETIQUES Gels douches, shampoings, dentifrices, déodorants, savons, crèmes pour le visage, fonds de teint, lait corporels, crème solaire Pertubateur endocrinien
Sodium Lauryl Sulfate (Laurylsulfate de sodium) COSMETIQUES Dentifrices, shampooings, mousses à raser, bains moussants, détergents Irritant
Triclosan COSMETIQUES Dentifrices, déodorants Pertubateur endocrinien
Troclosène de sodium dihydrate PRODUIT D'ENTRETIEN Produits pour les WC Irritant pour les yeux, la peau et les voies respiratoires, effets sur le foie, les reins, cancérigène possible Toxique pour les organismes aquatiques

Les 26 parfums et conservateurs allergènes dont l'étiquetage est obligatoire sur les produits domestiques depuis 2012 : Alpha-Isomethyl Ionone, AmylCinnamal, AmylcinnamylAlcohol, Anise Alcohol, BenzylAlcohol, Benzyl Benzoate, BenzylCinnamate, Benzyl Salicylate, Butylphenyl, Cinnamal, CinnamylAlcohol, Citral, Citronellol, Coumarin, CyclohexeneCarboxaldehyde, Eugenol, EverniaFurfuraceaExtract, EverniaPrunastriExtract, Farnesol, Geraniol, HexylCinnamal, Hydroxycitronellal, Hydroxyisohexyl, Isoeugenol, Limonene, Linalool, Methyl 2-octynoate, Methylpropiona.

Quels sont leurs impacts ?

Toxique pour l’environnement

danger environnement

La présence de certains micropolluants dans les milieux aquatiques naturels perturbe les écosystèmes (raréfaction de certaines espèces) par différents effets toxiques. Certains ont notamment des effets sur la sexualité et la reproduction des poissons, perturbant l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Les études menées montrent qu'il y a un lien entre les traces de substances hormonales solubilisées – comme les oestrogènes contenus dans les pillules contraceptives – et le décalage d'équilibre des sexes de certaines espèces de poissons où les mâles se « féminisent » jusqu'à produire moins de sperme, et au lieu de cela, commence à produire des œufs. A long terme, ce type d'effets peut entraîner une diminution des tailles de population, ce qui peut avoir des implications induites sur l'ensemble de la chaîne alimentaire.

Lorsqu’un poisson mange une algue ou une plante aquatique, qu’il est lui-même mangé par un poisson prédateur et que nous consommons ce poisson, nous absorbons et cumulons alors ces micropolluants.

Dangereux pour la santé

danger sante

De nombreuses molécules sont très allergènes et peuvent s'avérer dangereuses pour l'homme. Certaines molécules sont soupçonnées de provoquer des perturbations endocriniennes, des cancers, des troubles hormonaux ou neurologiques. De plus, les bactéries deviennent de plus en plus coriaces et résistantes à ces micropolluants, ce qui peut devenir inquiétant pour l'avenir.

Certains PCB, métaux (Cd, Pb), médicaments, pesticides, alkylphénols ou encore le TBT (massivement utilisé dans les années 60-70 comme pesticides mais aussi dans le traitement des coques de navires) ou le DEHP, sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens. Il faut certainement être vigilant sur les plastifiants, les biocides et les détergents. Mais cette problématique de perturbation est ambiguë car beaucoup de facteurs peuvent entrer en compte.

Impact économique

danger euros

S’il est techniquement possible d’éliminer certaines substances dans les stations d’épuration, ces opérations sont effet très coûteuses et ne règlent qu'une partie du problème. On gagnera tous à les réduire à la source. Autrement dit, choisir des produits plus naturels, doser raisonnablement et se passer des substances inutiles.

Qu'est-ce que l'effet cocktail ?

L'effet cocktail désigne l'effet néfaste de la combinaison de plusieurs micropolluants qui individuellement, ne sont pas nécessairement dangereux. En effet, certaines molécules combinées modifient leurs structures et peuvent ainsi s'avérer extrêmement nocives.

Quels sont les types d’effets toxiques ?

De façon générale, on distingue deux types de toxicité :

On distingue également deux types d’effets toxiques :

Le degré de toxicité d'un polluant dépend de la toxicité de la substance, de la stabilité de la substance dans l'environnement (persistance, rémanence, dégradation abiotique), de l'exposition, et des voies de pénétration, de la quantité et la durée d'exposition.

Il existe ainsi de nombreux effets toxiques :

Y a-t-il des micropolluants dans ma maison ?

produits_domestiques

En milieu urbain, les habitants contribuent quotidiennement et de façon non négligeable au rejet des micropolluants par la consommation de :

Ce sont des molécules, souvent complexes et d'origine synthétique, présentes dans la majorité de nos produits du quotidien.

S'y ajoutent évidemment les rejets de diverses activités économiques artisanales ou industrielles, l'entretien des espaces verts, les rejets hospitaliers, etc.

Pourquoi mes produits d’entretien ne sont pas adaptés ?

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Les produits d'entretien ont envahi nos foyers, les gammes de produits se multiplient (odeurs, formats, usages) et la lutte contre les bactéries et autre microbes est devenu une phobie latente dans les habitudes de consommation et d'entretien du domicile, à force de marketing intensif.
Cela soulève plusieurs problématiques.

Tout d’abord, nos habitations ne sont ni des hôpitaux ni des aéroports, où des milliers de personnes circulent, pouvant être des environnements propices au développement de bactéries ! Donc la plupart de ces produits n'a tout simplement pas sa place au sein d'un domicile. De plus, une surutilisation de produits désinfectants à base d’eau de javel par exemple, rend les bactéries plus coriaces.

En second lieu, ces produits présentent des risques pour la santé et l'environnement par leur composition, détenant des micropolluants complexes à traiter. En effet, les stations d'épuration ne sont pas toujours capables d'éliminer ou traiter ces micropolluants, qui se retrouvent ainsi déversés dans les milieux naturels.

Quels sont les impacts de mes produits d’entretien ?

Les composants peuvent s'avérer nocifs pour les surfaces traitées (nettoyants surpuissants, multi-usages). Une surutilisation de produits désinfectants, à base d’eau de javel par exemple, rend les bactéries plus coriaces.

Ils sont aussi nocifs pour la santé car ils contiennent de nombreux allergènes (parfums synthétiques, composés complexes).

Enfin, une fois rejetés dans le réseau d’eau, ils perturbent les écosystèmes de poissons, crustacés, coquillages, végétation aquatique et perturbent ainsi l'ensemble des êtres vivants de la chaîne alimentaire.

Un autre problème est l’émission de composés organiques volatiles (COV) qui polluent l'air intérieur et influent sur la qualité de vie, notamment sous l'effet de la chaleur.

Que contiennent mes produits cosmétiques ?

visuel_produits_cosmetiques

Leur usage semble anodin tant ils font partie de notre quotidien : gel douche, savon, shampoing, lait corporel, crème solaire, déodorant, dentifrice, mascara, rouge à lèvre, fond de teint... Ils sont pourtant truffés de substances chimiques (parabènes, nitromuscs, muscs polycycliques, filtres UV...) qui, individuellement ou en mélange, peuvent avoir des effets toxiques pour l'environnement et la santé humaine.

Si la prise de conscience du public sur cette problématique est mesurée, on note aujourd'hui un déficit d'information avec des sources parfois contradictoires. De plus en plus, la société civile en appelle aux autorités pour guider et encadrer l'usage de ces substances dans les produits de consommation courante.

reseau eau

100% des produits cosmétiques utilisés pour l'hygiène de rinçage (shampoings, gels douches, dentifrices, masques...) sont collectés au travers de nos baignoires, douches et lavabos et finissent leur cycle de vie dans les réseaux d'eaux usées. Le cycle de l'eau étant bouclé, ces polluants non traités dans les filières conventionnelles sont dès lors présents à l'état de trace en continu dans l'environnement. Notons de plus que 15% des produits absorbables (crèmes, sérums, huiles) suivent le même circuit.

Aujourd'hui, ces molécules sont soupçonnées par certains experts de provoquer des perturbations endocriniennes pouvant mener jusqu'à certains cancers (seins, fois, testicules, prostate...), documentés par de nombreux cancérologues.

Comment les médicaments polluent-ils l’eau ?

visuel_produits_pharmaceutiques

Il semble compliqué d'imaginer notre société sans eux : les médicaments nous aident à prévenir ou à soigner les maladies, pour les humains comme les animaux.

Paracétamol, aspirine, antibiotiques, œstrogènes, traitements spécifiques... Une partie de ces substances actives n’est pas absorbée et métabolisée par l’organisme et est rejetée par les urines et les selles directement dans les WC.

Des traces de ces produits rejoignent ainsi le cycle de l'eau. Les méthodes actuelles de traitement des eaux ne peuvent pas éliminer entièrement toutes ces substances. De plus, d'autres émissions peuvent résulter de fuites dans les égouts, ou de débordements des bassins d'orage lors des fortes chutes de pluies.

Les résidus pharmaceutiques provenant de l'utilisation vétérinaire rejoignent quant à eux directement les sols et eaux de surface, principalement par l'épandage de lisier qui condense tous les excréments.

Quels sont les effets des médicaments sur l’environnement ?

Leurs concentrations sont quasiment infinitésimales. Si la plupart des médicaments retrouvés dans les eaux le sont à des concentrations inférieures à leur taux de toxicité, il faut prendre en considération leur multiplicité. En effet, si pris individuellement ils ne présentent aucun risque, leur combinaison pose éminemment problème, on parle encore ici d'effet cocktail.

Le premier risque est facilement mesurable, et fréquemment observé puisqu'il induit des changements hormonaux sur la faune aquatique.

visuel pollution poisson

Mais au-delà, on constate aussi une résistance accrue des bactéries aux produits pharmaceutiques, en raison de leur exposition permanente à ces traces persistantes.

L'OMS, sur la base des connaissances actuelles, ne juge pas utile l'édiction de normes eau potable pour les résidus médicamenteux.

Les pesticides de mon jardin sont-ils réellement dangereux ?

visuel produits pesticides

La France compte 17 millions de jardiniers amateurs, qui achètent régulièrement des plantes, du terreau, des engrais, des pesticides. Parmi les micropolluants organiques se distinguent notamment les pesticides, ou biocides, ou substances phytopharmaceutiques, dont les propriétés toxiques sont utilisées pour lutter contre les organismes nuisibles :

Les pesticides se retrouvent dans l'eau par ruissellement et lessivage des sols dans lesquels ils s'accumulent. Certaines substances sont susceptibles d'être présentes à plus haute dose au sein des tissus des organismes aquatiques (ex : moules, poissons), c'est la bioaccumulation. Elles sont alors ingérées via l'alimentation.

Tous se retrouvent dans l’environnement et sont particulièrement toxiques pour les écosystèmes et notre santé.Sans compter les insecticides contre les moustiques, les puces ou les tiques de nos animaux domestiques, qui eux aussi, se retrouvent sur nos sols, nos vêtements ou nos mains.

Comment limiter l’impact des micropolluants?

Un meilleur traitement en station d'épuration est évidemment souhaitable. Mais s’il est techniquement possible d’éliminer certaines substances dans les stations d’épuration, ce sera aussi très coûteux d’équiper les usines. Cela se répercutera directement sur le prix de l'eau.

En attendant une législation plus ferme, le moins polluant des micropolluants estencore celui que nous n’utilisons pas !

Alors lutter à notre niveau contre les micropolluants, c’est :

En somme, il faut consommer moins et mieux.

Comment savoir si un produit est respectueux de l’environnement ?

Quels sont les écolabels officiels ?

Les produits ecolabellisés contribuent au respect de l’environnement tout en étant aussi efficaces que les produits « classiques » et sont vendus à des prix identiques pour la majorité.

Il existe de nombreux labels environnementaux, publics ou privés, attestant de différentes caractéristiques concernant les produits.

ecolabel européen

Ecolabel Européen

Le seul label écologique officiel européen. Il répond à une approche globale prenant en compte le produit dans l'ensemble de son cycle de vie (extraction des matières premières, fabrication, distribution, utilisation, réparation, recyclage) par une approche multi-critères (exigences strictes en matière de biodégradabilité pour limiter les impacts sur l’environnement aquatique, limitation de certaines substances dangereuses pour la santé humaine, quantité d’emballages limitée).

nf environnement

NF Environnement

C’est l'écolabel français. Il atteste de la conformité des produits ou services aux exigences définies dans des cahiers des charges et qui portent sur la qualité d'usage et la qualité environnementale des produits (limitation de certaines substances dangereuses pour la santé humaine et nocives pour l’environnement aquatique, limitation de la quantité des emballages, efficacité du produit).

ange bleu

Ange Bleu

C’est l’écolabel allemand. C’est le plus ancien écolabel en Europe (créé en 1978).

nordic swan

Nordic Swan

C’est l’écolabel des pays d’Europe du Nord (Islande, Suède, Norvège, Danemark, Finlande) : limitation de certaines substances dangereuses pour la santé humaine, limitation des émissions de gaz à effet de serre lors de la fabrication du produit, utilisation de matières premières renouvelables, coton issu de l’agriculture biologique, bois issu des forêts gérées durablement…

ecocert

Ecocert « Ecodétergents » // Ecocert « Cosmétique Écologique » //Ecocert « Cosmétique Écologique et Biologique » //Ecocert « Peintures »

Attention aux faux labels et aux annonces trompeuses du type « Formule verte » ou « biodégradable ». Ces produits ne sont pas forcément conseillés ; ils peuvent contenir des substances comme des colorants, parfums, stabilisateurs, etc.

Quels produits alternatifs utiliser à la maison ?

Il faut avant tout favoriser les actions mécaniques pour éviter au maximum d'utiliser des produits chimiques.

En sus des produits écolabelisés,gage de respect de l’environnement, quelques produits naturels et biodégradables suffisent à effectuer nos tâches quotidiennes et à conserver un domicile sain et propre : savon noir, vinaigre d'alcool, huiles essentielles, bicarbonate de soude…

Ces produits sont disponibles en grandes surfaces, pharmacies, magasins bio ou magasins de bricolage. Ils sont efficaces et peu coûteux, contrairement aux produits d’entretien classiques, complexes et agressifs pour la maison, l’environnement et responsables de nombreuses allergies.

Pourquoi ne pas adapter les stations d’épuration ?

L'adaptation des stations d'épuration, même si c'est une solution indispensable, est coûteuse pour les collectivités territoriales et donc pour les citoyens, cela impacterait directement le prix de l'eau. De plus, il faut prendre en compte le temps d'adaptation et de mise à niveau, ainsi que le fait que certains micropolluants sont peu connus, et donc que cette solution ne pourrait être que partielle.

Les recherches ont montré qu'il est possible de réduire les émissions en micropolluants des stations de traitement des eaux usées, soit en optimisant les procédés existants, soit en ajoutant un procédé de traitement complémentaire. En augmentant par exemple la concentration des boues ou encore la durée d'aération dans les bassins. Des gains limités, mais non négligeables ont ainsi été observés, en termes de rendement et de diminution des concentrations au rejet (de 10 à 30%).

Une fois cette étape passée, certains micropolluants résistent encore. Des traitements complémentaires (traitement tertiaire) peuvent alors être mis en place :

Des études ont été réalisées à l'échelle pilote semi-industrielle. L'ozonation et le charbon actif en grain ont donné de très bons résultats : plus des 2/3 des micropolluants organiques étudiés ont été éliminés avec un rendement supérieur à 70%.

Les chercheurs ont également réalisé des évaluations économiques des équipements de traitement : contraintes techniques d'exploitation, mais aussi des coûts de fonctionnement et d'investissement. Ainsi, l'ozone utilisé seul semble la solution la moins coûteuse, quelle que soit la taille de la station. Mais cela impacterait directement le prix de l'eau.

Comment fonctionne une station d'épuration ?

On dénombre plus de 19000 stations d'épuration en France qui traitent plus de cinq milliard de mètre cubes d'eaux usées. Une station d'épuration traite les eaux usées, c'est à dire les eaux « sales » (domestiques, pluviales). Il existe plusieurs mécanismes d'épuration et de traitement de l'eau. Le choix du type de station d'épuration dépend de la taille de la collectivité, de la nature, qualité sensibilité, des caractéristiques du réseau d'assainissement, des coûts d'investissement et de fonctionnement.

Pour les grandes agglomérations, il s'agit de stations d'épuration à boues activées. Elles assurent le traitement biologique des eaux usées. Ces boues consistent à favoriser le développement de bactéries épuratrices, les boues, dans un bassin brassé et aéré, alimenté en eau à épurer.

Il y a en amont de ces boues plusieurs filtres mécaniques bloquant les différents objets et particules présents dans les eaux. On les appelle les dégrilleurs. Les eaux circulent ensuite dans plusieurs bassins afin de séparer l'eau des sables, huiles, gaz et autres particules.

Les eaux traitées sont ensuite rejetées en milieu naturel, dans les rivières, lacs et puis rejoignent les différentes étapes du cycle de l'eau.

Les boues sont ensuite réutilisées pour produire de l’électricité (méthanisation) ou pour l'épandage.

Où en est la recherche sur les micropolluants ?

Des études sont actuellement en cours pour détecter, classer, analyser tous ces nouveaux micropolluants, dits émergents, notamment dû à l'utilisation croissante de produits issus de la chimie. La première mise en évidence fût dans les années 60 mais le manque d'outils pour les analyser correctement ne permettait pas une compréhension réelle des impacts.

Exemple du bisphénol A (BPA) dans les biberons et dans de nombreux contenants alimentaires, responsable de perturbations endocriniennes augmentant les risques d'hyperactivité, obésité, diabète, etc.

Des instruments d'analyse de plus en plus en plus sensibles permettent aujourd’hui la mise en évidence de ces composants dans les milieux :alkylphénole, hormones, pesticides, produits pharmaceutiques, phtalates, acides perfluorés. Ils sont classifiés selon leurs proportions chimiques, leurs usages, leurs impacts toxicologiques.

Dans la région bordelaise, le programme REGARD(REduction et Gestion des micropolluAnts sur la métRopoleborDelaise) a pour but d’étudier et réduire les micropolluants dans l’eau des milieux naturels de la métropole bordelaise.

Mais mesurer les impacts sur la santé reste complexe car on ne sait pas encore tout diagnostiquer et la recherche a besoin d'observer à long terme...

Quelle est la législation sur les micropolluants ?

La réglementation concernant les micropolluants est définie dans le contexte européen de la Directive Cadre sur l'Eau de 2000 (DCE). En 2008, les concentrations de 41 substances prioritaires à ne pas dépasser sont édictées, dont 24 molécules de pesticides. Un élargissement de cette liste est actuellement prévu, et certaines substances sont dites « émergentes ».

La DCE définit ainsi des normes de qualité environnementale ou NQE, exprimées en valeur moyenne annuelle, NQE-MA et en concentration maximale admissible, NQE-CMA. Les NQE sont établies soit par molécule soit par famille de molécules, soit pour la somme des isomères d'une même molécule (même formule chimique avec une géométrie différente).

En 2012, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs a obtenu que 26 parfums allergènes soient obligatoirement indiqués sur les étiquettes des produits domestiques mais depuis, il en a identifié 82 nouveaux. On estime que les allergies aux parfums affectent 600 000 à 2 millions de français.

La réglementation impose que la composition des produits cosmétiques soit affichée intégralement, ce qui n’est pas le cas pour les autres produits (savons, détergents, détachants, décapants, solvants, peintures, etc.).

Dans le cadre de son septième programme d'action pour l'environnement (PAE), la commission de Bruxelles a appelé à réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens issus des cosmétiques, en particulier pour ceux destinés aux enfants. Dans ce cadre, l'Union européenne met en œuvre un plan d'action pour identifier et évaluer les effets à la fois de ces produits chimiques et de leurs mélanges dans différents secteurs.

Les actions à la source de maîtrise de déversement des micropolluants dans les systèmes d'assainissement permettent de réduire les rejets vers les rivières. Depuis plusieurs années, les rejets de micropolluants dans les réseaux d'assainissement ont ainsi été réduits par diverses actions : la campagne Pressings sans perchloréthylène, la récupération des amalgames dentaires pour le mercure, la gestion des déchets pour les garages (HAPs)...